16 octobre 2017 | Revue > >

Que retenir des campagnes électorales de Stephen Harper?

Les leçons de Harper's Team de Tom Flanagan

Simon Tremblay-Pepin

On prétend qu’il faut apprendre de ses ennemis. Or, il est rare à gauche qu’on le fasse ou même qu’on souhaite le faire. Nos adversaires politiques sont vus comme impurs, profondément différents de nous. La lecture de leurs travaux ou, pire encore, l’inspiration qu’on en tirerait est comprise comme une souillure. Faire comme eux, c’est devenir eux et lire leurs ouvrages risque de nous faire devenir eux, donc soyons prudent, ne les approchons même pas.

Si on peut convenir qu’une imitation en tout point de nos adversaires nous transformerait en eux, la posture de l’ignorance puriste est, néanmoins, dangereuse. Voilà une bonne façon de continuer à perdre tout en se justifiant que nous sommes purs et que nous ne mangeons pas du même pain que nos adversaires. Il n’y a que par la connaissance des pratiques et des idées que nous sommes en mesure de discriminer celles qui nous semblent correspondre à nos objectifs et pouvoir servir nos idéaux. L’ignorance qui singe la pureté militante n’est en fait que paresse intellectuelle. Le courage exige de regarder en face les succès de nos adversaires et apprendre ce qu’on peut en tirer.

La tâche est d’autant plus simple quand ceux-ci ont l’amabilité de rédiger des ouvrages où ils répertorient leurs conseils. Elle est d’autant moins pénible quand ils s’abstiennent, la plupart du temps, de verser dans le prosélytisme insistant.  Harper’s Team de Tom Flanagan – pourtant un idéologue patenté – fait partie de ces quelques livres nécessaires à lire. Insistant sur l’organisation technique qui a permis à Stephen Harper d’arriver au pouvoir, elle est un riche bassin d’enseignements et de connaissances. Lire plus