15 mai 2017 | Revue > >

Corps, mort et zombie

le corps éclaté de la modernité zombique

Julien Gauthier-Mongeon

L’histoire du zombie est intiment liée à l’arrivée des premiers esclaves amenés d’Afrique pour peupler les colonies, et ensuite au cinéma fantastique des années 1930-1940. Comme « allégorie de l’homme esclave » (Pinto, 2014 : 710), le zombie est cet individu privé de conscience soumis à l’autorité d’un maître impitoyable. Dans l’univers vaudou haïtien, il est un sujet à qui un magicien a volé l’âme par des pratiques occultes, d’où le terme de « poudre à zombie » pour désigner la substance que le sorcier (Bokor) administre à ses victimes pour les ensorceler. Dans le film White Zombi paru en 1932, un homme épris d’une jeune femme consulte un magicien pour hypnotiser sa proie et ainsi la ravir à son époux. Mais on ne parle pas encore, du moins à cette époque, du zombie comme de cette créature cannibale dévorant ses victimes. Aujourd’hui, on ne compte pourtant plus les événements qui mettent en scène ces créatures en quête de chair fraîches : des marches de zombies aux séances de chasses organisées lors d’événements festifs, les morts-vivants sont au goût du jour[1]. Et ce sont les corps qui sont ainsi mis à l’avant-plan.

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