19 février 2019 | Revue > >

Démocratie, résilience, transition

Emanuel Guay et Jonathan Durand Folco

Depuis déjà quelque temps, chaque début d’année semble profondément chargé d’inquiétude. Une année de moins nous séparerait effectivement d’une catastrophe imminente, avec un déroulement qui demeure à préciser, mais dont les paramètres généraux sont connus d’avance : augmentation des températures extrêmes, désertification accélérée pour certaines régions et inondations fréquentes liées à la montée des eaux pour d’autres, raréfaction des ressources alimentaires, etc.

Ce qui apparaît moins évident à prévoir est l’impact que ces différentes perturbations auront sur l’organisation de nos sociétés, le film-catastrophe hollywoodien constituant bien souvent la référence commune. Le scénario présenté consiste généralement en un effondrement quasi instantané de l’ordre établi, auquel succède une réorganisation sociale relativement harmonieuse après bien des épreuves, ou encore une décimation plus ou moins rapide de l’espèce humaine, selon l’humeur des cinéastes. Notre texte souhaite contribuer à la discussion collective autour des changements environnementaux et sociaux à venir. Nous voulons plus particulièrement mettre en lumière deux tendances générales qui nous semblent importantes à prendre en compte dans nos analyses de la situation actuelle, soit le durcissement des inégalités économiques et sociales ainsi que la probabilité croissante d’une reconfiguration politique de grande ampleur. Nous offrirons ensuite quelques pistes de réflexion sur les manières de s’organiser à gauche face à ces mêmes tendances.

 

Durcissement des inégalités

L’augmentation importante des inégalités socioéconomiques, souvent mentionnée comme l’un des problèmes majeurs du vingt-et-unième siècle, risque d’être accélérée par les différents bouleversements associés aux changements climatiques. Les sociologues Junia Howell et James R. Elliott ont ainsi soutenu dans quelques études récentes[1] que les catastrophes naturelles ne se limitent pas à affecter différemment les personnes et les communautés sur un territoire donné – suivant les ressources économiques et sociales dont elles disposent respectivement – mais qu’elles peuvent en plus accentuer la distribution inégalitaire des ressources. Une base de données longitudinales a permis à Howell et Elliot de suivre la trajectoire des revenus, entre 1999 et 2013, d’un échantillon représentatif de la population américaine et divisé selon trois critères couramment employés dans les études en stratification sociale, soit la catégorie ethnoraciale, le niveau d’éducation et l’accès à la propriété immobilière.

Leur analyse de cette base de données leur a permis d’établir que les individus avec le plus d’argent investi dans l’immobilier et d’autres biens assurables, comme les voitures, tendent à recevoir des paiements d’assurance beaucoup plus importants suite à une catastrophe naturelle, tandis que les individus à faible revenu, qui disposent d’un nombre limité de biens assurables, tendent à voir leur richesse diminuer suite à ces mêmes catastrophes. Leurs études indiquent en outre que les trois facteurs de stratification mentionnés précédemment ont des effets cumulatifs : une personne blanche propriétaire d’une maison et disposant d’un diplôme universitaire voit généralement sa richesse augmenter après une catastrophe naturelle, tandis qu’une personne noire locataire et sans diplôme universitaire voit plutôt celle-ci baisser significativement après un tel événement. Une dynamique similaire est observable lorsque Howell et Elliot analysent l’impact de l’aide reçue après une catastrophe naturelle, par l’entremise de l’Agence fédérale des situations d’urgence, sur les trajectoires de revenu aux États-Unis. Ces résultats laissent entendre que les inégalités socioéconomiques sont non seulement liées aux inégalités environnementales (les personnes à faible revenu vivent souvent dans des milieux plus pollués, ont moins de ressources pour faire face aux risques naturels, etc.), mais que la multiplication des catastrophes naturelles risque d’aggraver considérablement ces différentes formes d’inégalité, si aucune mesure n’est adoptée pour contrer cette tendance. Il vaut également la peine de souligner que le durcissement des inégalités ne se limitera probablement pas à l’échelle intranationale, mais risque de s’observer aussi sur la scène internationale. Les États et les régions plus démunis disposent effectivement d’un moins grand nombre de ressources économiques et institutionnelles facilitant à la fois l’adaptation aux changements climatiques et la gestion de leurs éventuelles conséquences, ce qui encouragera sans doute une précarisation accrue de ces mêmes États et régions dans les années à venir[2].

 

Déstabilisation et reconfiguration politiques

Les perturbations climatiques ne risquent pas seulement de mener à un durcissement des inégalités, qui avaient déjà connu un accroissement considérable au cours des dernières décennies, mais peuvent aussi encourager le développement de formes institutionnelles et de pratiques politiques autoritaires. Dans leur ouvrage Climate Leviathan, paru aux Éditions Verso l’an dernier[3], les géographes Geoff Mann et Joel Wainwright ont mis de l’avant quatre scénarios qui leur semblent bien circonscrire les formes possibles de gestion transnationale des crises environnementales et sociales à venir. Le premier de ces scénarios, le Léviathan climatique, consisterait en une autorité régulatrice mondiale qui maintiendrait à la fois les conditions pour l’accumulation capitaliste et la stabilité géopolitique, en contrôlant notamment la production et la consommation de carbone. L’urgence climatique commanderait ainsi la consolidation d’une souveraineté planétaire, capable de décréter l’état d’exception et de mener à bien une transition « par le haut ».

Le Béhémoth climatique, pour sa part, consisterait plutôt en une révolte populiste, conservatrice et réactionnaire, profondément hostile à la mondialisation et à toute forme de souveraineté planétaire. Ce scénario, qui prend forme sous nos yeux dans différentes régions du monde à travers l’élection de gouvernements ultraconservateurs et d’extrême droite (Donald Trump, Jair Bolsonaro, Viktor Orbán, etc.), consiste à poursuivre l’accumulation capitaliste à l’échelle nationale, tout en adoptant des politiques publiques hostiles à l’immigration, aux minorités, à la gauche et à la protection de l’environnement.

Si ces deux scénarios semblent très probables aux yeux des auteurs, notamment parce qu’ils se nourrissent mutuellement, il reste encore deux autres possibilités. Le Mao climatique, de son côté, représente une version non-capitaliste du Léviathan climatique, qui opèrerait une transition rapide vers une économie décarbonisée par le biais d’un État aux accents totalitaires, esquissant ici un scénario possible de transition écologique en Chine. Malgré une forte dépendance aux énergies fossiles, il faut noter que la Chine a investi massivement dans les énergies renouvelables depuis quelques années, soit autant que les États-Unis et l’Union européenne réunis, en représentant plus du tiers de l’énergie éolienne et le quart de l’énergie solaire à l’échelle mondiale, tout en vendant plus de véhicules électriques que l’ensemble des pays dans le monde[4].

À l’heure actuelle, il ne semble pas y avoir de scénario qui prenne le dessus de façon évidente à l’échelle internationale, même si les auteurs considèrent que le scénario du Léviathan climatique soit le plus probable à moyen terme. À ce titre, ils fondent leur pronostic sur les tentatives répétées (et en bonne partie ratées) d’arriver à des ententes internationales effectives et contraignantes en matière de régulation du climat. Ces échecs justifieraient le recours à une instance jouissant d’une souveraineté planétaire sur cette question, afin de forcer les États réticents à emboîter le pas au nom de l’intérêt général de l’humanité.

Cela dit, il ne s’agit pas du seul avenir possible, car Mann et Wainwright indiquent une quatrième trajectoire possible, soit le X climatique (Climate X) qui prendrait pour sa part la forme d’une transformation révolutionnaire et démocratique pour la justice climatique. Ce dernier scénario « utopique », mais non pas impossible en soi, consisterait à dépasser le capitalisme « par le bas », en évitant la tentation de l’autoritarisme et du Léviathan climatique. Néanmoins, le livre Climate Leviathan demeure silencieux sur la forme exacte de cette révolution, se contentant de vagues allusions au communisme comme « mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses » (Marx), la « communauté qui vient » (Giorgio Agamben), l’encyclique Laudato si’ du pape François, les mobilisations autochtones, ou encore une « démocratie radicale » opposée à la souveraineté, soit une « disruptive countersovereignty » (Glen Coulthard).

Il va de soi que, même si nous croyons qu’il existe une alternative au Léviathan climatique, au modèle proto-totalitaire chinois (Mao climatique) ou aux replis ultranationalistes à la Trump (Béhémoth), nous devons nous pencher plus attentivement sur comment une transformation à la fois radicale, démocratique et écologiste de la société pourrait voir le jour.

 

Penser la résilience démocratique

Bien que les tendances analysées brièvement ici soient préoccupantes, elles ne nous semblent pas pour autant inévitables ou irréversibles. Elles indiquent plutôt la nécessité de réfléchir à ce que nous proposons de nommer la résilience démocratique. La résilience, telle que définie entre autres dans les travaux du géographe Neil Adger[5], réfère à la capacité des écosystèmes, des groupes et des communautés à faire face à des chocs externes liés à des changements environnementaux, socioéconomiques et politiques. Notre définition de la résilience démocratique repose pour sa part sur trois idées principales. D’abord, il nous semble peu probable que les sociétés contemporaines s’effondrent du jour au lendemain face aux perturbations climatiques, mais il est tout à fait plausible qu’elles prennent un tournant très indésirable si nous ne nous proposons pas des projets de transition écologique et sociale à la fois ambitieux et réalistes. En d’autres mots, il y a une grande variété de formes envisageables de résilience face aux perturbations climatiques, et il est important de réfléchir activement aux formes qui correspondent à nos principes de démocratie et de justice sociale, ainsi qu’aux manières de les promouvoir et de les mettre en œuvre.

Le concept de résilience démocratique vise également à mettre en lumière la fragilité des pratiques et institutions démocratiques. Ces dernières peuvent ainsi être soumises à un ensemble de pressions et de contraintes qui en limitent le développement ou mènent à l’émergence de démocraties partielles et de régimes « autoritaires compétitifs », dans lesquels on retrouve simultanément des pratiques et institutions associées à la démocratie libérale (tenue régulière d’élections, séparation des pouvoirs, etc.) et un déséquilibre significatif dans la distribution des ressources politiques qui vient assurer le maintien quasi indéfini au pouvoir d’une seule formation politique, tout en portant atteinte aux libertés civiles et à l’indépendance judiciaire[6]. En somme, même en se limitant à une définition minimale de la démocratie comme possibilité d’alternance entre les élites politiques par l’entremise du suffrage de masse, cette dernière demeure une réalité sociale et politique fragile, dont la résilience aux chocs internes et externes mérite d’être approfondie théoriquement et renforcée en pratique.

Finalement, le concept de résilience démocratique que nous proposons ici cherche aussi à souligner l’importance des pratiques démocratiques comme éléments d’un système d’apprentissage pouvant encourager la résilience écologique et sociale. Si la démocratie, même sous ses formes les plus limitées, gagne à être reconnue comme fragile, nous ne devons pas pour autant la concevoir comme un phénomène passif, qui ne ferait que subir des influences extérieures sans produire ses propres effets dans le monde social. Nous pensons, au contraire, que les pratiques démocratiques contribuent au développement de communautés et d’institutions plus résilientes, et qu’elles doivent donc être promues, entre autres, pour cette capacité de renforcement qu’elles comportent.

À partir de ces trois idées principales, nous pouvons définir deux problématiques distinctes, soit d’une part notre capacité collective à faire face aux perturbations climatiques et environnementales d’une manière juste, équitable et inclusive, et d’autre part l’ensemble des projets et stratégies qui nous permettent de défendre nos acquis démocratiques, tout en assurant leur approfondissement face aux alternatives élitistes et centralisatrices qui semblent poindre à l’horizon.

La première problématique renvoie aux multiples dimensions de la crise écologique, laquelle s’accompagnera d’une multiplication et d’une intensification des catastrophes naturelles, des pénuries et crises de toute sorte, que ce soit au niveau économique, énergétique, social, etc. Nous pouvons parler à ce titre d’un possible scénario d’« effondrement », si nous entendons par là non pas une disparition soudaine de l’humanité, ou encore un monde post-apocalyptique à l’image des trop nombreuses caricatures de films d’horreur ou de science-fiction. Il s’agit plutôt d’une érosion plus ou moins longue et chaotique des bases matérielles et institutionnelles des sociétés modernes. Selon Yves Cochet, l’effondrement désigne tout simplement « le processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis (à un coût raisonnable) à une majorité de la population par des services encadrés par la loi »[7].

De ce point de vue, l’urgence est de s’organiser collectivement pour répondre de façon rapide et efficace aux nombreux chocs et perturbations à venir, tout en évitant les solutions autoritaires et franchement réactionnaires qui sont présentement mises de l’avant – de l’érection de murs aux frontières nationales à la construction de camps de détention, en passant par les bunkers individuels et autres versions moralement douteuses du survivalisme individuel ou nationaliste. La « résilience » doit alors être combinée à l’adjectif « démocratique », en privilégiant l’auto-organisation populaire, les réseaux d’entraide dans les communautés locales, les initiatives citoyennes et les alternatives solidaires, bref l’ensemble des actions collectives cherchant à développer de nouvelles façons d’assurer la reproduction des moyens de subsistance. Qui plus est, la mise en place de processus participatifs, la délibération publique et la mobilisation de l’intelligence collective permettent de favoriser la créativité et la résolution collective de problèmes sociaux concrets, la démocratie étant au service de la résilience, et inversement.

La deuxième problématique, renvoyant au besoin de « défendre les acquis démocratiques » contre les tendances fascisantes, centralisatrices et autoritaires, ne devrait pas nous mener à un repli sur le statu quo d’une modernité déclinante, mais plutôt à un élargissement du « domaine de la liberté », en introduisant une logique égalitaire et démocratique à l’intérieur des nombreuses sphères de la vie sociale, économique, culturelle et politique. La défense de la résilience démocratique, en favorisant l’instauration d’une démocratie vivante, enracinée, participative et directe au sein des communautés locales et des municipalités, pourrait ainsi contribuer à « régénérer » la vie publique dans le sens d’une extension de l’égalité, de la liberté et de la solidarité par-delà le mur de préjugés entre majorité et minorités.

Nous avons évoqué dans un article précédent[8] quelques mesures qui nous permettraient de reprendre en main nos milieux de vie et de promouvoir la résilience démocratique : mise en commun de ressources matérielles et immatérielles (logiciels libres, entreprises collectives, savoir-faire traditionnels, plateformes numériques coopératives, forêts, eaux, etc.), soutien massif à l’agriculture urbaine et de proximité, politiques publiques pour appuyer le logement social et coopératif, enquêtes publiques et mécanismes pour contrer le racisme systémique, urbanisme participatif, et ainsi de suite. Nous pouvons ajouter à ces différentes mesures les fiducies communautaires, les réseaux économiques courts, les monnaies complémentaires et systèmes d’échange locaux, la gestion communautaire des espaces publics et le développement de réseaux de recherche[9] facilitant le partage élargi de connaissances sur les solutions innovantes et transformatrices pour affronter les problèmes sociaux et écologiques à venir. Aucune de ces initiatives n’est suffisante en elle-même pour affronter les nombreux défis qui se présenteront à nous, puisqu’elles se concentrent généralement sur une problématique ou dans une sphère d’activité précise, tandis qu’un programme de transition doit forcément adopter une approche plus englobante et holistique, permettant de lier les différentes problématiques et sphères entre elles. Toutefois, la coordination de ces différentes initiatives à l’intérieur d’un programme de transition écologique à la fois ambitieux et démocratique demeure sans doute l’une des pistes les plus stimulantes pour la gauche. Ces initiatives – et le développement d’un dialogue soutenu entre elles – permettent en effet de préciser les liens entre la question écologique et la question sociale, en nous invitant à réfléchir aux manières d’être et d’habiter ensemble qui sont les plus équitables et inclusives. Nous pouvons donc espérer que 2019 nous offrira plusieurs lieux et moments de convergence entre les différentes luttes populaires en cours, ainsi que des occasions de développer des communautés plus résilientes et des organisations plus fortes en vue des nombreuses transformations et transitions à prévoir.

 

[1] HOWELL, Junia et ELLIOTT, James R. As Disaster Costs Rise, So Does Inequality. Socius: Sociological Research for a Dynamic World, 2018, vol. 4, p. 1-3. Lien URL: https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/2378023118816795.

[2] DAVIS, Mike. Who Will Build the Ark? New Left Review, no 61, Janvier-Février 2010, p. 29-46. Lien URL: https://newleftreview.org/II/61/mike-davis-who-will-build-the-ark.

[3] WAINWRIGHT, Joel et MANN, Geoff. Climate Leviathan: A Political Theory of Our Planetary Future. Verso Books, 2018. Pour un article qui résume les grandes lignes de l’ouvrage, on pourra consulter le lien suivant : https://cpb-us-w2.wpmucdn.com/u.osu.edu/dist/4/45440/files/2017/04/Wainwright-Mann-2013-Climate-Leviathan-oqsypw.pdf.

[4] CHIU. Dominic. The East Is Green: China’s Global Leadership in Renewable Energy. Center for Strategic and International Studies, 6 octobre 2017. Lien URL : https://www.csis.org/east-green-chinas-global-leadership-renewable-energy.

[5] ADGER, W. Neil. Social and ecological resilience: are they related? Progress in human geography, 2000, vol. 24, no 3, p. 347-364. Lien URL : https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1191/030913200701540465?casa_token=T5UN5gaPkhgAAAAA%3A86l3wEAhWo3vL9aumYEqYsjcX3nF5kUwI9kObBC1qu9Kh7DRPhNWkM5oFHqFHSzAPM8M8IJtHEOA.

[6] WALDNER, David et LUST, Ellen. Unwelcome change: Coming to terms with democratic backsliding. Annual Review of Political Science, 2018, vol. 21, p. 93-113. Voir aussi EPSTEIN, David L., BATES, Robert, GOLDSTONE, Jack, et al. Democratic transitions. American Journal of Political Science, 2006, vol. 50, no 3, p. 551-569.

[7] Cité par SARDIER, Thibaut. Effondrement, le début de la fin. Libération, 7 novembre 2018. Lien URL : https://www.liberation.fr/debats/2018/11/07/effondrement-le-debut-de-la-fin_1690594.

[8] DURAND-FOLCO, Jonathan et GUAY, Emanuel. L’écologie comme question politique : pistes de réflexion. Ricochet, 19 juillet 2017. Lien URL : https://ricochet.media/fr/1902/lecologie-comme-question-politique-pistes-de-reflexion.

[9] FAZEY, Ioan. Climate Change Transformation Requires a New Research Approach. Transformations Forum, 21 février 2018. Lien URL : https://www.transformationsforum.net/climate-change-transformation-requires-a-new-research-approach/.

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