1 mars 2017 | Julia Posca | Blogue > Consommation

Ce qui nous consume

Réflexion sur l’avarice moderne

Dans un monde où la publicité, la mode et l’obsolescence planifiée s’assurent que la consommation des ménages soit le moteur de la croissance de l’économie, toute personne normalement constituée (ou formatée, diront les plus cyniques) et à la recherche d’un sens à donner à sa vie sera encline à meubler son existence d’objets. En retour, la collection de biens, certains ordinaires et d’autres luxueux, qu’elle parviendra à amasser, renverra aux autres l’image qu’elle entend projeter d’elle-même. La petite robe noire passe-partout confirmera son penchant classique ; l’ensemble de thé japonais, son raffinement gastronomique ; la montre analogique sur son poignet, son côté performant. (suite…)

Julia Posca

24 novembre 2015 | Valérie Lefebvre-Faucher | Blogue > Grève

Nourrir le monde

Cet automne, au Québec, des gens se battent pour préserver non seulement des écoles, mais aussi des soins de santé et des services publics, ainsi qu’un vaste et précieux milieu communautaire, toutes ces institutions que nous nous sommes données pour nous entraider, et pour former ensemble une société plus forte, plus saine. Je ne suis pas gréviste cette fois-ci. La grève de cet automne me demande, comme à des milliers de parents, de prendre des congés, de m’occuper d’enfants, d’amener des enfants dans toutes sortes d’endroits où ils ne vont pas souvent (et où j’éprouve un certain plaisir à les voir). Je passe mon automne à planifier des horaires, préparer des activités et des repas, soigner des petites blessures, écouter. C’est aussi ce que j’essaie de faire avec les militant.e.s. Ils et elles sont découragé.e.s, appauvri.e.s, en colère, fatigué.e.s. Il faut en prendre soin. Parce qu’ils et elles se battent pour protéger ce qu’il devrait y avoir de plus précieux pour une société. Je ne suis pas gréviste, mais c’est aussi ma grève. Cette affaire concerne tout le monde. Parce que ce qui est en train d’être saboté appartient à tout le monde. Ces jours-ci, j’essaie donc de prendre soin de mon école publique de quartier[1] et pas seulement des enfants qui vont dedans. Je sais que des milliers et des milliers de personnes font comme moi : elles appuient la grève et prennent soin de ceux et celles qui prennent soin. Nous sommes ensemble. (suite…)

Valérie Lefebvre-Faucher

16 novembre 2015 | raisonsociales | Blogue > Raisons sociales

Appel de contributions: l’État et la gauche

Comment la gauche pense-t-elle l’État? Ou plutôt : comment la gauche se situe-t-elle vis-à-vis de l’État? On peut s’y opposer en rêvant de le mettre par terre une fois pour toute ou d’en construire un tout neuf. On peut aussi se dire pragmatique et vouloir faire avec. Le plus souvent, on s’occupe davantage de vouloir en préserver certains traits contre les assauts des réactionnaires ou des volontés de réforme des « centristes ». En quelque sorte, la question de l’État, en plus de nous enfermer dans les luttes défensives, incarne bien la paralysie des 40 dernières années. D’un côté, il est désormais impossible, semble-t-il, de formuler un projet radical de transformation sociale sans se faire rappeler à l’ordre par tel ou tel critique post-totalitaire du désastre soviétique. D’un autre côté, tenter d’éviter cette critique semble nous confiner au plus plat réformisme social-libéral ou à un attachement envers les institutions issues du compromis social d’après-guerre. Nous serions, en quelque sorte, face à trois alternatives : soit l’État totalitaire comme repoussoir, l’État social de marché comme moindre mal ou encore l’État-providence comme nostalgie.

Raisons sociales, dans cet appel de contribution, vous invite à nous faire part de vos réflexions sur le rapport de la gauche à l’État. À la fois pour nous aider à pousser plus loin nos critiques – et nos espoirs – à son endroit qu’à questionner sa centralité dans nos mobilisations et la définition des espaces de luttes.

Pour toutes contributions, svp consultez au préalable le protocole de rédaction de la revue : http://raisons-sociales.com/participer/

Pour participer à la revue, faites nous parvenir vos contributions à : info@raisons-sociales.com

Date de tombée: 1er février 2016

 

raisonsociales

12 novembre 2015 | Simon Leduc | Blogue > Grève

Des dandys à la banque

Faire partie d’un mouvement large comme celui du Front commun, ça peut donner des moments d’ivresse mémorables, mais ça veut aussi dire d’accepter de se conformer à un discours et à des tactiques qui conviennent à une majorité souvent bien loin de ses désirs les plus urgents. J’ai beau me targuer de défendre des valeurs solidaires, n’empêche que j’ai souvent de la misère à accepter la modération préconisée par nos dirigeants syndicaux. (suite…)

Simon Leduc

22 avril 2014 | Simon Tremblay-Pepin | Blogue > Médias

Les médias sont-ils climato-sceptiques?

La question est légitime, il faut la poser sérieusement : nos médias doutent-ils de la réalité des changements climatique? À première vue on pourrait croire que non. Dans tous les médias on diffuse les résultats des études du GIEC, de la NASA et des autres groupes d’experts qui nous annoncent qu’une crise climatique est en cours. On leur accorde une certaine importance, peut-être pas à la hauteur de le gravité, mais on comprend qu’il doit être embêtant de savoir comment prioriser une nouvelle qui annonce pratiquement la fin du monde tel qu’on le connaît. Il n’y aurait donc pas à l’œuvre un « négationnisme climatique » de premier niveau qui cacherait des informations. Très bien.

(suite…)

Simon Tremblay-Pepin

3 février 2014 | Eric Martin | Blogue > Éducation

École marchande ou école républicaine ?

La gratuité scolaire française remise en question

Le mercredi 28 janvier, un article du journal le Monde signale que « le principe de la quasi-gratuité de l’enseignement supérieur » est dorénavant en péril en France et pourrait « discrètement » être en voie d’être abandonné. Dans les grandes écoles, une pression vers l’augmentation des droits de scolarité se fait sentir. Le débat qui s’ouvre en France entre ces deux modèles d’université s’avérera déterminant pour l’avenir; ce n’est pas, en effet, une question bêtement technique ou comptable qui est en cause, mais un affrontement entre deux conceptions diamétralement opposées de l’éducation et du rôle de L’État. (suite…)

Eric Martin

13 janvier 2014 | raisonsociales | Blogue > Raisons sociales

Appel de contributions

Raisons sociales est une revue critique québécoise. Critique au sens où ses participant-es veulent mettre fin aux systèmes de domination et d’aliénation actuels, nommément le capitalisme, le patriarcat et le colonialisme.

Elle est divisée en trois sections : Histoire, Critique et Création. Elles sont respectivement l’occasion de se souvenir de notre passé, de décrire l’époque contemporaine et de penser ce qui s’en vient.

Le but de Raisons sociales est de fournir un lieu de débat et d’échange à travers des contributions soutenues et fouillées et dans un climat de respect mutuel. Nous voulons briser le confort des chapelles et permettre des dialogues. Raisons sociales n’est pas une revue universitaire ou scientifique. Ce n’est pas non plus un espace de vulgarisation et de diffusion à large échelle. Produire une pensée engageante et donner lieu à des débats de fond, voilà l’objectif.

Nous avons lancé nos activités à l’automne 2013 et déjà nous pouvons compter sur une dizaine de contributions dans les différentes sections de la revue. Afin de faire vivre cet espace de dialogues et de débats, nous proposons cet appel de communication. Pour chaque section de la revue, le comité de rédaction de Raisons sociales a identifié des thèmes autour desquels nous désirons solliciter des contributions.

 

Section Histoire

  • La pertinence de l’utopie et ce qu’elle nous permet de penser aujourd’hui?
  • Nous soumettre des vidéos pour alimenter notre thème « parcours militants »

Section Critique

  • Des réflexions critiques autour de la notion de classe moyenne: Est-ce qu’elle nous permet de bien penser notre société? Est-ce vraiment une classe?
  • La critique des médias: Possible de penser au-delà de la critique habituelle? Quels projets pour la critique des médias?

Section Création

  • Penser au-delà du capitalisme: Comment? Pourquoi?
  • Le socialisme, l’indépendance et la république: Convergences? Divergences?

 

Pour toutes contributions, svp consultez au préalable le protocole de rédaction de la revue : http://raisons-sociales.com/participer/

Pour participer à la revue, faites nous parvenir vos contributions à : info@raisons-sociales.com

raisonsociales

2 décembre 2013 | Eric Martin | Blogue > Conférences

La raison devenue dangereuse

9782130573388FSRetour sur la conférence du philosophe Jean Vioulac sur la « crise du principe de raison ».

« Ce que je propose est donc très simple : rien de plus que de penser ce que nous faisons. »

-Hannah Arendt

À la fin du mois d’octobre, c’est devant une salle bien remplie qu’a été reçu au Cégep Édouard-Montpetit le philosophe français Jean Vioulac pour discuter avec les étudiant-e-s de la crise du « principe de raison ». Au cours d’une présentation abordant tour à tour les idées de Hegel, Husserl, Heidegger et Marx, Vioulac a principalement cherché à montrer que les questions philosophiques concernent tout le monde, dans la mesure où c’est notre vie même qui est organisée par des théories et formes de rationalité qui échappent désormais à notre contrôle et constituent dès lors une menace pour les sociétés humaines. (suite…)

Eric Martin

3 octobre 2013 | Philippe Hurteau | Blogue > Raisons sociales

Pourquoi Raisons sociales

Raisons sociales voit le jour. Une revue sans papier, qui s’organise autour d’un site web et qui a la prétention de faire de la pensée critique, d’ouvrir un espace de réflexions et de débats… Bref Raisons sociales est une revue théorique, une de plus. Pourtant, les initiatrices et les initiateurs du projet sont habités par la conviction que la création d’un tel lieu est nécessaire, peut-être en raison des limites des lieux de production et de création intellectuelle auxquels nous sommes habitués.

Le monde universitaire est souvent bien plus une source de frustration que de contentement. C’est un univers froid et concurrentiel où les délais et contraintes de production ne répondent pas aux impératifs de la vie intellectuelle militante et, pire encore, qui a plutôt tendance à nous isoler qu’à nous réunir. Et disons aussi que les espaces pour participer à l’élaboration de projets de recherche critiques se font plutôt rares. L’université, en ce moment, ne produit pas une théorie critique, mais est appelée au contraire à collaborer, à consolider les formes d’aliénation dominantes.

Les publications plus militantes, de leur côté, répondent davantage à une logique de diffusion et de vulgarisation. Quoique nécessaire, ce type de publication ne parvient pas à dégager un espace suffisant de création permettant de réaliser des avancées au plan théorique.

Une personne qui veut faire du travail de réflexion critique est donc souvent prise dans un triple cul-de-sac : l’isolement professionnel et la concurrence folle de l’université, la vulgarisation comme unique mode de production du monde militant, ou pire, la résignation. Raisons sociales se donne alors comme but de surmonter ces trois pièges. L’idée, assez simple, est de créer un espace ouvert de débats et de discussions destiné à alimenter le développement de la pensée critique au Québec. L’idée est aussi que cet espace, loin de prétendre supplanter tout autre lieu pertinent de réflexion, nous permette de nous retrouver.

Qui est Raisons sociales?

Nous sommes à la fois de jeunes intellectuel-les, des militant-es, des profs, et bien d’autres choses encore. Ce qui peut nous rassembler ne relève même pas vraiment d’une adhésion commune à un cadre d’analyse précis. Notre trait commun, qui est plus politique que théorique, se trouve d’abord dans notre désir d’effectuer un travail intellectuel critique du monde capitaliste. Pour le dire simplement, ce qui nous assemble, c’est l’anticapitalisme. Mais nous ne croyons pas que se dire anticapitaliste suffise.

Dans notre esprit, il n’est pas opportun de créer une revue théorique basée sur une ligne éditoriale forte. Que vous soyez principalement marxiste, foucaldien à temps perdu, freitagien jusqu’au bout des ongles ou Dieu sait quoi encore; l’important, nous semble-t-il, est de faire l’expérience du travail collectif. Toute personne qui se sent interpellée par ce projet et qui aspire à vouloir réfléchir sur les défis actuels de la gauche anticapitaliste, dans un climat collectif respectueux et ouvert aux débats, est la bienvenue.

Les chantiers possibles

D’entrée de jeu, trois axes de recherche nous viennent en tête. Il ne s’agit pas à ce stade-ci de clore la liste, mais de se réunir avec au moins une proposition commune à discuter.

  1. Histoire du socialisme et du capitalisme (d’où venons-nous?)
  2. Critique actuelle du capitalisme (où sommes-nous?)
  3. Création et sortie du capitalisme (où allons-nous?)

Le projet est donc lancé. Il s’agit maintenant de le faire vivre.

Philippe Hurteau