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Les conservateurs de gauche aiment-ils les femmes?

Valérie Lefebvre-Faucher

Cette lettre prend place dans une discussion qui a commencé ici à propos de l’interprétation conservatrice de la pensée de Walter Benjamin. Or, sauf mon respect pour Benjamin, je n’ai pas l’intention de critiquer la lecture juste ou mauvaise qu’en font les conservateurs de gauche. Je ne cherche pas non plus à étiqueter des personnes. Ce qui me semble essentiel en revanche, et que la discussion théorique ne devrait pas dissimuler mais révéler, c’est la question du lien entre conservatisme et domination. Lire plus

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Réplique au texte «Libérer du conformisme une tradition en passe d’être violée par lui» Walter Benjamin et les «conservateurs de gauche»

Eric Martin et Maxime Ouellet

Nous avons hésité avant de répondre à ce texte construit autour du sophisme dit de « l’homme de paille », qui consiste à prendre la position de quelqu’un, à la reconstruire en la vidant de sa substance et en la présentant sous un jour défavorable pour pouvoir ensuite la démolir plus facilement et se présenter rhétoriquement comme vainqueur de la discussion. Lire plus

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«Libérer du conformisme une tradition en passe d’être violée par lui»

Walter Benjamin et les «conservateurs de gauche»

Félix L. Deslauriers

Dans ses Thèses «Sur le concept d’histoire», Walter Benjamin porte une attention considérable aux processus de neutralisation des formes subversives et anti-bourgeoises de la culture par les classes dominantes et l’élite intellectuelle. Son intérêt marqué pour l’œuvre de Charles Baudelaire vise justement à arracher au conformisme la composante critique de la culture du XIXe siècle que menacent d’émousser les lectures officielles. Ironiquement, mais sans grande surprise, la pensée de Benjamin serait aujourd’hui victime de la neutralisation qu’il combattait lui-même. Domestiquée et dégriffée, son œuvre serait réduite par un certain establishment académique à une simple critique littéraire ou esthétique et dépouillée de sa dimension politique. Lire plus

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Temps social, modernité et capitalisme

Penser les fondements sociaux de l’histoire du temps et de notre rapport au temps

Jonathan Martineau

L’année 1967 marque un moment important dans l’histoire du temps. Après des millénaires d’ancrage aux mouvements célestes, où les ans et les jours cosmologiques s’érigeaient comme unités de base des régimes de temps des sociétés humaines, l’armature du temps social plongeait dans les profondeurs du monde subatomique. Auparavant dérivée de l’heure, la seconde devenait par le fait même l’unité de temps de base du régime de temps contemporain. Désormais égale à la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins F=3 et F=4 de l'état fondamental de l'atome de césium 133, c’est cette seconde qui soutient maintenant l’ensemble de l’armature du temps social mondialisé contemporain. Lire plus

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De la crise de l’hégémonie à l’hégémonie de crise : par-delà le jeu de mots

Benoit Coutu

En latin surveiller du haut d’un lieu tout signe de mort pour s’y précipiter comme un charognard se dit spéculer[1] Bien naïf celui qui ne verrait dans l’écroulement pressenti que les signes du « lever de soleil », lors même qu’il pourrait bien annoncer une nuit qui n’en finirait plus[2] Crise et mise en crise […] Lire plus

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Comprendre le néolibéralisme

Dix clefs offertes par Philip Mirowski

Simon Tremblay-Pepin

Je garde depuis longtemps le souvenir d’une soirée de conférence militante du milieu des années 2000. Elle doit se situer dans l’une de ces salles tristes et mornes qui sont le lot quotidien de nos rencontres. Des néons, des plafonds flottants, du tapis commercial et des chaises de plastique. Souvent fonctionnels, ces espaces ne sont jamais […] Lire plus

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Éloge de la « croissance des forces productives » ou critique de la « production pour la production » ?

Le « double Marx » face à la crise écologique.

Anselm Jappe

Heureusement, les temps sont passés où l’on pouvait l’emporter sur un adversaire dans un débat rien qu’en citant un passage approprié de Marx (ou en l’inventant, comme le faisait Althusser selon son propre aveu). Heureusement, sont aussi passés les temps où l’on devait avoir honte de se référer encore à un auteur que la chute […] Lire plus

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Après la crise, la longue stagnation ?

Christian Pépin

Depuis la crise de 2007-2008, nous assistons à une lente reprise qui oscille entre stagnation et dépression. Afin d'éclairer ce phénomène, il est proposé ici d'explorer une tradition néo-marxiste qui a toujours placé la stagnation au cœur de sa théorie : l'école de la Monthly Review. Au cœur des réflexions sur la financiarisation et la globalisation de l'économie, cet article espère initier un premier cycle de débats sur le capitalisme contemporain, en vue de dégager les défis politiques que ceux-ci soulèvent. Lire plus