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La critique culturelle et la pensée socialiste

Simon Tremblay-Pepin

Critique et culture. Penser ces deux mots exige beaucoup. Qu’est-ce qui n’est pas culture? On prétend que le champ de la culture s’arrête où commence la nature. Et que reste-t-il de la nature aujourd’hui? Comment la sépare-t-on clairement de la culture? La critique de la culture pourrait bien rapidement être critique de tout ce qui est humain. Voire même de tout ce que les humains interprètent et transforment. Alors autant dire que critiquer la culture équivaut à faire une critique de l'ensemble du monde. D’ailleurs, qu’est-ce que la critique? Simple esprit critique – doute rationnel remettant en question les idées reçues – ou alors théorie critique s’opposant à une façon spécifique de penser héritée de la société particulière qui est la nôtre? Regard inspiré d’une conception précise du monde ou prise de recul méthodologique? Faire une critique de la culture. Quel est donc ce projet? Quand on y pense un peu, il semble aussi vaste que mystérieux. Pourtant, il séduit. Inévitable de penser au mouvement si fort et si déterminant de la Kulturkritik qui, de Nietzche à Weber en passant par Mann et Simmel, souhaite penser la modernité sans y adhérer a priori contrairement à leurs contemporain-es. Envelopper du regard le processus englobant qui transforme alors le monde. Le but est bien sûr de comprendre, mais il est aussi de dépasser, d’agir par la pensée. À quoi s’attaquerait la Kulturkritik aujourd’hui ? Du point de vue gramscien – auquel j’ai bien de la difficulté à ne pas constamment revenir – la culture est lieu de guerre. La transformation sociale doit avoir gagné les têtes si elle veut gagner le corps social. La Kulturkritik prend un sens à la fois militant et urgent. L’art, objet de culture par excellence, s’interprète alors sous l’angle social et politique. Il ne devient pas un plat champ de bataille où se plaqueraient les messages des uns et des autres, il prend au contraire une épaisseur, il se dote d’une riche et complexe texture. Lire plus

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Le parergon mis en procès, ou Quand le juridique prend l’imposture au sérieux : Rémy Couture et David Dulac

René Lemieux et Simon Labrecque

Dans le dernier numéro d’Inter, art actuel, revue coordonnée à Québec depuis 1978, on se questionne sur les rapport entre l’art et l’imposture. Comme le souligne d’emblée le coordonnateur du numéro, Michaël La Chance, l’idée que l’art même est une imposture revient de façon cyclique à chaque décennie[1]. L’indignation des dénonciateurs et dénonciatrices de l’art […] Lire plus

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The Flying Words Project et sa critique de l’exploitation pétrolière

Proposition pour la publication de textes en langues signées

Julie Chateauvert et Theara Yim

Dans cet article, nous proposons quelques premiers matériaux pour approcher la littérature signée. Nous attirerons le regard sur quelques élémentaires qui permettront aux non-initiés de discerner le travail du langage qui fait du récit une œuvre poétique. Lire plus

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#YOLO et la peste

La mort au-delà de la terreur chrétienne et du ludisme postmoderne

Martin Robert

Cet article a son origine dans un commentaire Facebook. Détail qui a son importance : on le sait, Facebook encastre l’écriture dans un système de contraintes qui la transforme. L’interface, par sa forme elle-même, appelle des propos courts, concis, des petits fragments punchés, quelque chose comme un heureux mélange de human interest et de mots d’esprit. […] Lire plus